Microbrasseries

Il y a deux semaines je me suis inscrite sur le 30km des Microbrasseries histoire d'essayer de bien terminer la saison 2014. Pas vraiment d'objectif temps même si j'aurai aimé mettre 3h30. Aucune préparation spécifique, j'y vais comme ça mais avec ce que j'ai fais cet été je pense que j'en suis capable. Pour m'accompagner sur la course, j'ai décidé de prendre mes chaussures Saucony dont je suis folle amoureuse depuis que je les ai. 
Vendredi j'ai mal a la gorge et ce n'est pas bon du tout quand j'ai mal à la gorge. J'ai un début d'angine et je dois absolument me mettre sous antibiotiques si je veux pouvoir courir dimanche. Si je ne le fais pas, je vais me retrouver avec 40 de fièvre et je ne pourrai pas courir. Samedi je me repose, je suis assez fatiguée mais pas de fièvre, la nuit sera décisive. Dans la nuit de samedi à dimanche je me réveille et j'ai la nausée. Le réveil sonne à 5h et je suis patraque, impossible de manger quoique ce soit, ça ne passe pas. Je me force quand même et mange 1/2 gaufre et un verre de jus de pomme. On se prépare et à 6h on va prendre la navette qui va nous amener de Montreal au Mont Saint Gregoire. Il y a des retardataires et on ne part pas avant 6h15. Je suis vraiment très mal à ce moment la, mon ventre ne va pas bien du tout et j'ai la nausée, c'est de pire en pire. J'hésite à descendre du bus et rentrer chez moi mais j'ai peur de le regretter donc je reste.

Je me focalise sur la route. Il y a des maisons typiquement américaines, je pourrai vous les décrire de long en large et en travers. Les arbres sont morts et le paysage n'est pas joli. Je n'aime pas cette transition entre l'automne et l'hiver. Mes nausées se calment et mon ventre aussi un peu. On arrive sur les lieux de la course vers 7h et on va récupérer nos dossards (Baptiste sur le 21 et moi sur le 30). Je m'échauffe un petit peu mais j'ai mal au ventre. Jusqu'au dernier moment je me demanderai si je prends le départ ou pas. Je décide de le prendre et à 7h45 on passe sous l'arche de départ.



Les 7 premiers km se font bien. Comme vous pouvez le voir sur le parcours, on suit la route avant de s'attaquer à la première longue ligne droite qui va nous mener à un demi tour au km 10. Je suis plutôt en forme, mon ventre ne me fait pas trop mal et les jambes répondent bien. J'oscille entre 9 et 8 km/h, le rythme me convient. Au début de la longue ligne droite, je croise les premiers du 30 qui ont déjà terminé cette partie. Le second me fait un grand sourire et un pouce. Je suis choquée. Comme je le disais sur Facebook, en France quand tu es dans le peloton de tête c'est "marche ou crève", ici le second prends le temps de me regarder et de me sourire. Je lui souris aussi et je vais faire des pouces et des sourires tout le long de la ligne droite. Je tape aussi dans la main de quelqu'un. L'ambiance est bonne et on se soutient entre coureurs. Il y a énormément de vent ce qui ralentit le rythme. J'ai froid et mes gants sont troués. Je suis bien couverte, j'ai ma veste imperméable, un t-shirt long et un t-shirt court. Mais j'ai quand même froid, mes lèvres sont gelées et elles me piquent. Je fais le demi tour au km 10 ce qui me permet de voir qui est encore derrière moi, environ 5 personnes dont la dernière avec le vélo balai. J'espère voir Baptiste au bout de la ligne droite avant de tourner sur la gauche mais non, je verrai seulement les premiers du 21km. J'attaque la seconde ligne droite avec encore un demi-tour au bout. Il fait encore plus froid que tout à l'heure et le vent souffle très fort. Je passe le panneau du km 15, la moitié enfin ! Je trouve ça long, trop long ! Mon ventre commence à me faire souffrir et ne me laissera pas tranquille jusqu'à la ligne d'arrivée. Je commence à avoir des crampes au ventre et j'ai faim, cette sensation de mon ventre qui est vide et qu'il me crie de manger quelque chose. Je dois faire une pause et marcher, mon ventre me fait trop souffrir. A partir de ce moment, j'alternerai entre marche et course. Les coureurs qui sont de l'autre côté de la route m'encouragent, ça fait du bien. Au ravito qui suit, je mange un carré de ma barre clif, ça me fait un peu de bien et ça calme la douleur.



Les km défilent et se ressemblent tous. Je commence à en avoir marre et je n'en suis qu'au km 17. Le demi tour ne va donc jamais arriver ? Je me bats pour ne pas marcher, j'en ai marre, j'ai juste envie d'arriver. Je passe le demi tour et je fais le même chemin dans le sens inverse. km19, km20, km21, km22... Les panneaux me rappellent à quel point je suis lente. Les derniers me doublent, il ne reste plus qu'une personne derrière moi. Je suis dans le dur, je veux juste en terminer. Je pense à cet été et à mes courses qui m'ont rendu plus fortes, à ce que Baptiste m'a dit dans le bus : " si tu es dans le dur, pense à la Festa Trail que tu as réussi, c'était plus dur. Pense aussi au cross du Mont Blanc et à ce que tu as fais sur l'OCC". L'OCC, un an de préparation pour échouer à 10km de l'arrivée. Quel échec. Je pense à mes courses de l'an prochain, à mon inscription récente sur l'UTHC sur le 65km en trail en septembre. Je sais que si je termine cette course, cela sera un bon exercice et que cela me servira toujours pour l'avenir. Je pense au skymarathon du Mont Albert que je ferai fin juin et je pense aussi à ces objectifs qui me trottent dans la tête pour l'été 2016 en France, en montagne. Je dois terminer, je ne peux pas lâcher. 

Au km23 on rejoins enfin les derniers du semi marathon et je ne suis plus seule. Beaucoup de monde marche et moi aussi. Quand je passe au ravito, j'ai l'impression d'être une star. Je tape dans les mains, on m'applaudit et on me dit "lâche pas, tu es bonne". Les sourires chaleureux des gentils bénévoles m'aident à mettre un pied devant l'autre. J'ai mal aux pieds, ils se crispent. J'ai aussi très mal à ma cheville, les effets du bitume sur le corps. Mon genou commence à me faire mal, toutes mes articulations prennent des chocs et ne s'en remettent pas. A ce moment là, je suis au bout du rouleau. Chaque km est une victoire pour moi, une victoire de ma tête qui se bat contre mon corps. Alors que ce dernier me crie d'arrêter et de mettre fin à cette douleur, ma tête me dit de continuer sachant qu'il me reste que 7 km.
La dernière va me "poser" bien comme il faut. Elle me double et je ne la reverrai pas. Je vous passe les détails mais entre le km 23 et le km 28 c'était vraiment très dur.

km28, la foulée est toute petite car je me trainais et le sourire est crispé 



Au km28 je retrouve Baptiste qui en a terminé avec son semi en 1h30. Pas mal sachant que cela fait deux mois qu'il ne s'est pas entrainé. Il me motive comme jamais mais mes jambes refusent d'avancer. Je suis un glaçon qui avance comme il peut. Il me dit que le panneau du km 29 est pas loin et effectivement on le passe en marchant rapidement. Pour le dernier km je vais me remettre à courir et ne plus marcher. Je commence à sangloter, je me mets à pleurer. Je pense tellement à l'OCC et à cet échec que j'ai encaissé, ceci est ma revanche sur la course que je n'ai pas terminé. Mes larmes coulent alors que les coureurs m'encouragent. Ils me portent sur ces derniers km, Baptiste me porte aussi. C'est grâce à lui si je suis capable de courir. Je puise dans mes dernières forces et je vois la ligne d'arrivée. J'entends crier, les gens m'encouragent et me crient "waouah 30km tu es bonne". Je ne les remercieraient jamais assez. J'accélère et lâche mes dernières forces pour passer la ligne d'arrivée. J'écrase de mon pied ce tapis que j'attendais tant et je souris car je suis heureuse. Heureuse d'en avoir terminé et de ne rien avoir lâché, heureuse de me dire que je suis capable de courir 30km sur route. On me remet ma médaille et je fais un câlin à mon amoureux. Je suis finisher du 30km des microbrasseries ! Je suis finisher ! Je suis finisher putin ! Je n'y croyais pas ! 


Le retour à Montréal se fait sans encombre et je vais sur le site de QuidChrono. Je termine dernière, soit 180 ieme sur les 210 inscrits en 3h56 ce qui fait une moyenne de 7,6 km/h. Je voulais mettre 3h30 mais avec mon état de fatigue et mon ventre, il ne fallait pas s'attendre à des miracles. C'est dommage car je suis passée au 10km dans les temps (en 1h08) mais la suite fut rude. Je suis quand même super contente d'avoir terminé car c'était le seul objectif. Je me rends compte que certes je manque de vitesse mais j'ai acquis une belle endurance cet été grâce à mes courses. Je suis capable de courir 30km sur route alors que je n'avais jamais dépassé la barre des 10km. 
La morale finale de l'histoire c'est juste que pour l'instant je ne suis pas prête et je n'ai pas envie de passer sur plus gros sur route, je préfère 10 000 fois plus faire un trail de 42km qu'un marathon. Je vais rester sur des distances plus petites, soit entre le 5km et le semi marathon.

Pour ceux que cela intéresse, le demi marathon des Microbrasseries fait partie d'une organisation de courses: Les courses gourmandes. Ainsi plusieurs courses sont organisées tout au long de l'année, sur route avec des distances variant entre 5 et 30km. Il y a le demi marathon des érables, le demi marathon des vergers, le demi marathon des récoltes. Cependant je trouve le prix cher pour ce que c'est. J'ai payé plus de 80$ canadien pour faire le 30km. Bon ok, je me suis inscrite deux semaines avant la course mais quand même... Et le t-shirt n'est pas inclus dans le prix. Je voulais essayer une course gourmande et c'est fait mais je ne pense pas en refaire un jour sauf si les prix baissent.

Ps: Baptiste a mis 1h30 sur son semi, trop fière de lui. 


A bientôt, moi je vais récupérer !

J+1: je suis allée nager pour récupérer. Cela m'a fait beaucoup de bien cependant j'ai très mal quand je pose mon pied droit au sol, ça me lance. J'espère que ce n'est qu'une douleur post course qui va partir. Je me laisse quelques jours pour voir.

J+2: la douleur était toujours bien présente

J+3: rendez vous chez le physio, verdict tendinite donc repos au niveau de la course a pied mais je peux faire d'autres sports.

J+5: de retour chez le physio pour atténuer la douleur présente aux deux pieds. Repos, vélo, renforcement musculaire et natation. J'ai mal aux deux pieds, exactement au même endroit, au tendon (le petit point rouge) et un peu au muscle (le grand ovale rouge) sur l'extérieur de chacun de mes pieds. Selon la kiné c'est soit du aux chaussures, soit à ma pose du pied au sol, soit au type de terrain (route)... Note : parait-il que les antibiotiques ont un impact négatif et que cela fatigue les tendons.






3 commentaires

  1. Bravo!!
    J'ai souffert avec toi sur ce récit!
    Un immense bravo avec le mal de bide je sais même pas si j'aurais eu le courage de prendre le départ!
    Bizz

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  2. Bravo pour avoir relevé et réussi ce défi de furieuse ;)
    Pour le bobo que je connais bien ... Glace pour calmer l'inflammation et balle de tennis pour masser sous le pied ... Puis repos !

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  3. Tu as eu le courage de courir alors que tu étais malade ( tu es d'ailleurs bien pâle sur les photos ) et rien que pour ça, je te dis BRAVO !
    Bienvenue au club des "estropiés". Hier, le verdict est tombé chez mon médecin : j'ai un lumbago discal. Résultat : je ne pourrai pas participer à ma course du 23/11 ! Celle de début décembre est aussi compromise ... Maintenant, je suis obligée d'attendre le mois de mars pour refaire des compétitions ( mais heureusement pas pour m'entraîner ! )

    Bon rétablissement et à bientôt !

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