Surmonter l'échec


Mon été fut riche en émotions. J'ai découvert la joie des trails de plusieurs heures et ce qui va avec. J'ai vécu de jolies moments sur mes courses mais j'ai aussi eu des coups durs que j'ai eu du mal à encaisser et dont je pense encore aujourd'hui. J'ai poussé mon corps cet été dans ce que j'ai entrepris et j'en ai subi des échecs. C'est la première fois que cela m'arrivait dans le sport. 
J'ai réussi à les surmonter même si j'en garde encore aujourd'hui une certaine amertume. Quand j'y repense, je me dis que j'aurai pu faire mieux et que je n'étais pas au maximum de mes capacités mais c'est la solution de facilité que de se dire ça alors que la course est passée. Je dois tirer des leçons de ces échecs et en ressortir plus forte et plus mature. Je vous parle de maturité car je suis encore jeune, je n'ai que 20 ans et j'ai tendance à être fougueuse et à viser plus haut que ce que je suis capable. Je n'ai pas la maturité d'une personne qui cours depuis 20 ans. Pour moi tout est possible, tout est réalisable et il n'y a que des barrières qu'il faut franchir et c'est seulement en franchissant ces barrières que l'on peut avancer. Je n'ai pas envie que l'on me pose des limites car je pense connaître les miennes, du moins j'apprends à les connaître. Je n'aime pas que l'on me fixe des limites, je sais ce dont je suis capable. Cet été j'ai voulu enchainer deux petites courses (un 12km nocturne et un 14 km le lendemain) et cela n'est pas du tout passé, j'en garde un très mauvais souvenir. J'ai appris, j'ai appris que je manquais encore d'entraînement pour pouvoir faire cela et cet hiver, en décembre, j'ai enchainé une sortie trail de 14km et le lendemain une course de 10km et cela s'est très bien passé. Mais je l'ai pris avec des pincettes et j'ai essayé de récupérer au maximum entre les deux jours car je savais que si je ne le faisais pas, cela n'allait pas passer. 

J'ai pris un gros choc électrique sur l'OCC, le genre de truc qui te fait vraiment mal sur le coup mais qui te permet de te remettre en question. Quand j'ai décidé de déposer les armes au km 42 alors qu'il en restait seulement 10, ce fut sûrement l'une des décisions les plus difficile que j'ai du prendre. Mais je savais que cela n'allait pas passer alors je n'ai pas de regrets, je sais que j'ai tout donné et je suis fière de mon effort. J'ai pleuré, j'ai sangloté, quand le fermeur a découpé mon code barre sur mon dossard avec son ciseau et que je lui ai demandé si je pouvais le garder, il me l'a rendu et je me suis remise à pleurer en voyant ce trou, ce trou qui rendait ce dossard si beau à mes yeux maintenant si moche. C'est d'abord la honte qui m'a traversé, la honte de ne pas terminer ce que j'avais commencé il y a maintenant un an, la honte de ne pas terminer l'une des courses qui me fait rêver et la honte de ne pas passer cette ligne d'arrivée et d'être si proche du but. Puis est venu le regret, le regret de ne pas m'être bien assez entraînée pour cette course, si j'avais forcé un peu plus durant l'année, cela serait passé, pour sûr. Ensuite il y a eu la douleur, car quand il a fallut que je me relève de mon rochet pour rejoindre Argentières par le sentier qui descendait, j'ai eu tellement mal de partout que j'en pleurais. Mon coeur avait mal et mon égo aussi, c'est pas facile d'abandonner sur ton objectif de l'année. 
Au bout de 20 minutes de descente j'ai vu Baptiste et je me suis effondrée, il ne me verra pas passer la ligne d'arrivée alors qu'à Tré-le-Champ il m'avait dit "on se voit à Chamonix". Il doit être déçu. Il me prends dans ses bras mais je suis en miette, la déception est tellement grande et je m'étais répétée tellement de fois dans ma tête le film de mon arrivée. Je pleure, je pleure, je pleure... Je ne peux plus m'arrêter... Je le voulais moi aussi mon t-shirt finisher vert. 
Encore aujourd'hui j'y repense et j'ai un goût d'amertume. J'étais capable mentalement de finir la course mais le physique et la vitesse n'ont pas suivi à cause de moi et de mon manque d'entraînement. J'ai récolté ce que j'ai semé. Et cela m'a fait grandir aussi. Cela m'a apporté un mental plus fort, un meilleur physique et une envie de m'entraîner plus dur pour ne pas refaire ce genre d'erreurs. J'ai envie de retourner sur ce genre de format que j'affectionne particulièrement et j'espère bien être de retour en 2016 sur l'OCC. Je veux ma revanche. 

Les défaites et les échecs font partie intégrante de notre sport qui est un sport ingrat mais tellement beau à la fois. Il faut savoir accepter l'échec et rebondir, ne pas se laisser abattre. Ce n'est pas parce que l'on y arrive pas que la prochaine course sera mauvaise aussi.Il faut savoir être humble face à nos capacités et à la montagne et comprendre que dès fois, la montagne est juste meilleure que nous. 
En tout cas, j'ai accepté mon échec et je me suis remise en selle, j'ai su en tirer les points positifs et ce que je dois améliorer dans ma pratique du trail. Et ce n'est pas parce que je n'ai pas terminé un 52km et 3300mD+ que je ne fais plus ce genre de format, je me suis inscrite sur un 60km et 2000mD+ en septembre au Canada... Affaire à suivre 


6 commentaires

  1. L'abandon sur une course doit être très dur à vivre, mais comme tu le dis si bien, même si ça a été une terrible épreuve, elle ne peut que te faire avancer :)

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    1. Oui, surtout que mon rêve ultime serait de faire l'UTMB et l'OCC était une petite réalisation de ce rêve.. J'y pensais depuis 1 an, tous les jours...

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  2. Je ne connais pas encore ce ressenti sur un échec mais je pense que je serai dans le même état. C'est humain, on se lance un défi et on se dit que l'on est si proche.

    Pour ce qui est de 2 courses à enchainer sur 2 jours, j'ai également ma mauvaise expérience au Festival des Templiers. Un trail de nuit de 24 km et le lendemain, à peine 8 km mais il n'y a plus de jus. J'ai été vexée de ne pas avoir pu donner plus et d'avoir bouclé cette 2ème course en plus d'1 heure. Mais en y repensant, je manquais d'entrainement et il ne faut pas oublier qu'un trail nocturne fatigue et change nos perceptions.

    Comme tu le dis, il faut accepter ses échecs, ils nous permettent de grandir et d'apprendre à nous connaitre. Même les plus grands champions en ont connu.

    Bisous

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    1. J'espère que tu ne le connaîtras pas, cela ne fait vraiment pas du bien sur le coup... Une grosse remise en question, après je le prends très à coeur aussi !

      Oui c'est vrai qu'un trail nocturne n'est pas facile et je m'étais donnée comme une malade la veille, toi aussi.

      Merci de ton passage,

      bisous

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  3. Même lors d'un échec ont apprend des choses, cela te rendra plus forte. Courage et bonne année 2015

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    1. Merci Rohny, bonne année et pleins de bonnes choses pour 2015 ! Du sport :)

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