XC de la vallée


Il faut que je vous raconte ce que j'ai vécu sur mon 35km de ce week-end qui s'est transformé en 10km. Mais pour une fois, je ne suis pas la seule. Avec un taux d'abandon de 37% sur une course de 35km, on peut dire que la Vallée Bras-du-Nord (Québec) fut sans pitié pour les coureurs en ce samedi 15 août. Entre les personnes blessées, le ras-le-bol et la barrière horaire au km26, nous en avons tous eu pour notre compte.
Mais nous étions prévenus avec BB que cela n'allait pas être facile du tout. La veille, nous avons récupéré les dossards au camping et nous avons pu parler avec les différents représentants des stands comme Salomon et Xactnutrition. Le représentant Salomon nous dit que le parcours est difficile, sûrement le trail le plus boueux au Québec. "C'est le Vietnam en haut" et je cite ses mots, il n'avait pas tort. 
Nous rentrons ensuite pour une bonne nuit de sommeil. Le lendemain, le réveil sonne à 7h. 
Le temps de prendre un petit déjeuner (même si rien ne passe), de se préparer et nous voila au parking avec les 179 autres coureurs qui vont prendre le départ de ce 35km 100% pur trail. Nous avons une navette à prendre pour se rendre au départ. Nous montons dans la première et le directeur de course vient nous faire le speech d'avant course : 

"c'est bouetteux" 
"c'est difficile"
"c'est les pires conditions que j'ai vu en 8 ans"
"il y a de l'eau, il y a de la bouette" 
"prendre une allure dans ce parcours là c'est pratiquement impossible puis là c'est encore plus écoeurant"

Je confirme ce que le directeur de course nous a dit ! Le départ est donné à 10h, après que la navette ait déposé l'ensemble des coureurs à la ligne de départ. On s'engage directement dans un monotrace après donc il faut bien se placer. BB se met devant après un dernier bisou et moi je vais me placer au fond, avec au passage un bonjour à Julie Cloutier, une coureuse Québécoise inscrite sur la transvallée ce week-end (10km - 35 km - 21 km sur 3 jours). Le décompte est lancé et nous partons tous direction le sentier. D'ailleurs, cela bouchonne à l'entrée et je prend bien le temps de tourner un peu mes chevilles, elles vont s'abimer sur ce parcours. 
Je me retrouve rapidement dernière avec les 5 fermeurs qui me suivent. Quelle chanceuse, sur le skymarathon du Mont Jacques Cartier j'ai fait 15km toute seule car il n'y avait pas de fermeur. Ici il y en a 5. Cela me fait au moins de la compagnie. Nous sommes dans un monotrace en sous bois et pendant 10km nous ne sortirons pas de ce monotrace ni des sous bois. Le parcours est un énorme chantier boueux et impossible pour moi de courir ici. Déjà que je ne suis pas bien forte mais sur ce type de parcours, c'est encore moins le cas. Il m'est impossible de trouver un rythme. Le parcours alterne petites montées - descentes donc ce n'est déjà pas facile mais avec toute la boue et la vase accumulée, c'est impossible. Je cours 30 secondes et je dois m'arrêter car j'ai de la boue jusqu'au genou. 


Mes chaussures font ventouses dans la boue et je glisse tellement avec, je n'ai aucune accroche. Je laisse tomber les Asics Trabuco à l'avenir pour ce genre de course. Je m'enfonce dans la boue jusqu'au genou et je perd ma chaussure à un moment. Mon pied glisse tout naturellement hors de ma chaussure. Un fermeur m'aide à la récupérer et je la remet mais elle est pleine de boue, à l'intérieur comme à l'extérieur. J'avais le choix aussi de prendre un bain de boue mais j'ai préféré mettre cette option de côté. J'en avais déjà jusqu'aux cuisses. 

J'ai failli tomber environ 10 fois dont une fois où je me suis rattrapée en faisant une petite danse. J'ai aussi essayé de passer sur les côtés lorsque la boue était trop présente mais peine perdue... Il y en avait autant ! Alors au bout de 4km, j'ai dit stop et j'ai décidé de m'arrêter au 1er ravito, au km 10. Comme il était impossible de s'arrêter au second ravito (km 18), j'aurai du attendre le 3eme ravito au km 26 et c'était juste inimaginable. J'ai donc fait les 10 premiers km, en sous bois, un seul monotrace. 

Oh et le plus drôle pour la fin. Je pose mon pied dans la boue jusqu'au genou et impossible de le sortir de l'eau. Aucune accroche aux alentours et j'avais beau tirer dessus, impossible de le sortir. Je plonge mon avant bras dans la boue pour "tâter le terrain" et mon pied était pris entre deux racines, une à l'avant et une à l'arrière. C'était pas bien bien fun tout ça sur le coup ! Heureusement que le fermeur était là et m'a aidé en me soutenant avec son bras, j'ai ainsi pu m'extirper de cette gadoue. 

C'était pas mal ça dès que je posais mon pied quelque part : la surprise de s'enfoncer ou pas

C'est ainsi que j'ai terminé "ma course" en marchant jusqu'au 1er ravito et que j'ai été bien contente de m'arrêter, sans aucun regrets. C'est du 100% pur trail mais trop trail pour moi. Je n'y prenais pas de plaisir, c'était peut-être rigolo le 1er km mais après j'en ai eu vite marre. En plus, je n'étais pas du tout dans les temps pour la barrière horaire du 26km, comme beaucoup de personnes. J'ai donc déposé les armes mais cela ne m'a fait ni chaud ni froid. Me dire que j'ai fait un DNF sur cette course, ce n'est pas grave. Ce n'était pas un objectif en soi. C'était seulement là pour préparer le 65km UTHC qui est dans 5 semaines. Mais ce n'est pas parce que je n'ai pas réussi ici que je n'arriverai pas à faire le 65km. En effet, j'ai stoppé au 1er ravito avec une fille qui a terminé le 65 l'an dernier. Comme quoi, cela ne veut rien dire, surtout sur un parcours aussi dur. 
Et puis faire 35km dans ces conditions, ce n'était juste pas possible. En 10km, mes chevilles se sont tournées 50 fois. Ce n'était juste pas pour moi. 

Je suis donc rentrée au bercail par la voie de facilité : en van. Avec d'autres coureurs que nous avons récupéré au ravito 3, qui eux aussi ont décidé de déposer les armes après un ras-le-bol un peu général. 
J'ai attendu BB au camping, les pieds dans le ruisseau bien frais. Il a terminé en 6h30 (je n'imagine même pas combien de temps j'aurai mis !). Il a terminé car c'est un guerrier et il fait parti des 116 guerriers qui ont terminé. Sur 181 partants ce matin. La vallée bras-du-nord a eu le dessus sur de nombreux coureurs aujourd'hui dont moi. Mais pas de regrets et pas de honte. Juste contente de ne pas avoir continué. 


Je vous dis à très bientôt pour le récit de course qui va boucler ma saison de trail 2015. L'objectif de cette année : le 65km UTHC. Et après 2 DNF cette année, j'espère finir sur une bonne note ce dernier récit de course. Je vous tiens au courant.

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