Le mental en trail


Je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ce titre "le mental en trail" alors que je vais parler de la course à pied en général mais peu importe, je vais le garder car je l'aime bien. On s'imagine le trail comme de la boue, des montées interminables, des descentes à pic.. Ça fait warrior tout ça ! 

Plus sérieusement, aujourd'hui j'avais envie d'aborder le sujet du mental. Nous savons tous que le mental est indispensable en course, que cela soit sur un 1000m, un 5km comme un marathon ou encore un ultra. J'ai personnellement tendance à penser que c'est du 80% mental et 20% physique surtout sur des plus longues distances ou la fatigue et d'autres aspects rentrent en compte. Je pense que sur des distances plus courtes comme le 1000m par exemple ou encore le 5km, le physique joue une part plus importante. Après tout, la plupart des sprinteurs sont très musclés parce qu'ils ont besoin d'être explosifs notamment au départ. Les coureurs de marathons sont quant à eux, pour les meilleurs, très fins et font le moins de bruit possible au sol. Oui, le physique joue une part sur la course, c'est indéniable et c'est prouvé qu'il existe un "poids de forme" qui nous permet d'être optimal. Mais je pense que le mental joue un rôle tout aussi important, si ce n'est plus. 

Bolt et Gatlin

Le mental c'est quelque chose qui se travaille. C'est quelque chose qui s'apprend au fil de nos expériences, de nos succès et de nos déceptions. Le mental se développe de plusieurs manières. Il se développe tout d'abord à l'entrainement : à entrainement difficile, course facile comme on dit. Lors de séances difficiles, il faut penser à notre objectif final afin de rien lâcher même si on est en pleine séance de côtes mortelles et qu'il nous reste encore 1 série complète. C'est à l'entrainement que l'on peut se faire mal (je parle bien sûr mentalement et non physiquement !) et aller au-delà de ce que l'on pensait être nos limites. C'est en sortant de notre zone de confort que l'on va progresser et surtout faire progresser notre mental. 
Le mental se travaille aussi en course. Personnellement, je sais que c'est sur les longues distances que j'apprends à me connaitre, à connaitre mon corps et mes réactions. J'ai ainsi appris que je suis un "diesel". Je mets du temps à démarrer mais quand j'y suis, je suis bien. Je me maudis les 3 premiers km d'avoir pris le départ mais au bout de 30km j'ai l'impression d'être Mary Ingalls qui court dans les champs de la petite maison dans la prairie.. mais je me perds. J'ai aussi appris que je suis toujours dans le creux de la vague au km 15 et que j'ai un surplus d'énergie comme je l'ai dit au km 30. J'anticipe alors ces creux de motivation et mon mental y joue beaucoup. Et comme tout le monde, je fais des erreurs et j'apprends. Je sens quand même que depuis que j'ai commencé à courir, j'ai un meilleur mental et je suis plus résistante. Je suis aussi plus volontaire et dynamique dans la vie de tous les jours. 

Tout cela pour dire que le mental se travaille et sur une course longue distance, il ne faut pas y aller au freestyle, surtout si c'est une première. Il sera bien de se rappeler avant la course pourquoi on veut y participer et quel est notre objectif. Pendant la course, n'hésitez pas à penser aux nombreuses heures d'entrainements dans n'importe quelles conditions qui ont fait que vous êtes prêt aujourd'hui. Préparer vous : sur des longues distances vous savez que vous allez avoir des petits coups de moins bien alors anticipez-les. Pour vous donner un exemple, sur l'OCC il y a deux ans (première course longue, jamais dépassé les 23km et là je m'embarque sur 53km) je m'étais fait des petits papiers avec des citations que j'ai pu lire pendant la course. C'est bête mais j'ai trouvé cela hyper motivant. J'avais aussi demandé à BB de m'écrire quelques petits mots que j'ai pu lire quand j'étais seule en montée. 


Allez chercher vos pensées positives et faites le vide dans vos pensées négatives. Apprenez à gérer votre stress et la pression que vous vous mettez. Un peu de stress c'est bien, trop de stress ce n'est pas bon. Et surtout, ce que je pense qui est le plus important, c'est de vous dire que vous en êtes capable même si vous avez des doutes. Ne partez pas sur une course en vous disant "je ne terminerai jamais", "je suis pas assez fort".. Croyez moi, cela vous amène juste à la déception et j'en ai fait les frais plusieurs fois ! Lancez vous dans la course de manière positive (tous les coureurs sont heureux de prendre le départ d'une course), croyez en vous et dites vous que si vous êtes là, c'est que vous avez su faire vos preuves et que vous en êtes capables. 


Forgez vous un mental de gagnant ! 

Apprenez à vous connaitre, c'est la clé de réussite. 

Si vous échouez, relevez vous. 

La victoire, c'est dans la tête. Si vous êtes conditionné pour terminer, alors vous terminerez (sous condition de ne pas se blesser). 

.. Je suis toujours en apprentissage mais j'y arriverai un jour .. 



Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est votre avis. Le mental, qu'en pensez-vous ? Est-ce important ? Le travaillez vous ? 

Les photos sont tirées des photographes de l'UTMB

10 commentaires

  1. Un sujet toujours intéressant! Je prends bonne note du trucs des citations pour les longues courses... C'est le genre de chose qui pourrait m'aider à ma première "longue" compétition, Harricana en septembre. Je pensais déjà m'écrire des mots clés sur les bras et/ou les jambes, mais des messages de l'amoureux seraient réconfortants aussi :) Merci!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Harricana en septembre, super nouvelle ! Tu vas vraiment triper, le parcours est assez beau et l'ambiance. Les gens sont tellement gentils aux ravitaillements.
      Cela peut être une idée, s'écrire aussi des mots un peu de partout c'est pas mal aussi. J'aime beaucoup la musique aussi, je trouve cela vraiment très dynamique mais la plupart du temps elle est interdite sur les courses québécoises.
      En tout cas, si tu pars déjà avec un bon mental, tu n'auras pas besoin de mots pour terminer ton UTHC, cela va se faire naturellement :)

      Supprimer
  2. 80% de mental, 20% de physique tu as tout dit. Pour moi le mental c'est ce qui articule notre corps. C'est lui qui nous pousse ou nous descend. Tu as déjà lu "Courir ou mourir" de Kilian Jornet ? Je trouve que ça résume bien cet état d'esprit, certe il a une condition physique de malade mais il a un mental d'acier et même si à des moments sn corps était prêt a lâcher et bien celui-ci resté debout grâce au mental.
    C'est marrant que j'écrive ça, car moi à l'heure actuelle je n'avance pas, pourquoi ? À cause du mental. Je ne sais pas ou son mes limites, je sais que j'ai une très bonne condition physique et pourtant je n'avance pas, je bloque. Je ne le travail surement pas assez et ai tendance à rester sur mes acquis. Bref, tout ça pour dire que le mental est un bien c'est l'essence du corps et c'est fondamental.
    Merci pour cet à article ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non je ne l'ai pas lu, il parait que c'est vraiment un bon livre.
      C'est clair que Killian Jornet, comme tu dis, à le physique mais il a aussi le mental qui vient avec et il est toujours dans cette optique de dépassement de soi et de faire un avec la montagne.
      J'espère que tu trouveras ton bloquage et que tu vas réussir à passer au-dessus, je pense que l'on vit tous un peu ce passage au final :)

      Merci de ta visite

      Supprimer
  3. ça me fait du bien de lire ton article à un mois avant le trail des cévennes (bon 21km, je pars pas sur de l'ultra hein ^^) mais j'ai très mal vécu ma course à quissac la semaine dernière, justement le mental n'y était pas... Probablement parce que je n'avais pas assez forcé aux entrainement avant, après le relâchement de l'Hivernatrail. J'ai eu des pensées négatives toute la course qui m'ont d'une part gâché la course et d'autre part l'ont rendue interminable et difficile. Je suis d'accord avec l'idée que le mental se travaille et je vais essayer de me rappeller de tout ça... Se rappeler pourquoi l'on court, moins de négativisme pour mes prochaines courses... Après ce petit relâchement provisoire ça ne peut que m'être bénéfique. ton article est tombé à pic =)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui mais 21km, surtout avec du dénivelé, cela peut vite devenir une course de 3-4h si tu es bonne .. Voir plus de 4h si tu es comme moi ahaha :p Au final cela commence à être long et il faut être fort même sur ce type de course !
      Cela arrive aussi d'avoir des courses moins bien que d'autres, cela fait partie intégrante de l'entrainement et de notre expérience de course à pied... Et cela va te faire progresser car tu "prendras ton pied" sur la prochaine course :D

      En tout cas le trail des cévennes .. Je t'envie ! Profite bien, c'est quoi la prochaine du challenge ?

      Merci de ton passage

      Supprimer
  4. Le mental en trail c'est un vrai plus car il aide à supporter la douleur. Souvent, elle est subie (à cause des pentes, du sol, du climat...) alors que sur route ou autre, on la guide cette douleur pour nous amener à la performance.
    Alors oui, le mental il est nécessaire car il faut à la fois gérer et se dépasser. Mais surtout savoir pourquoi on le fait, pour obtenir quoi, pour se prouver quoi, et ne jamais occulter le plaisir.
    A bientôt Aurore, et merci de ta visite (j'ai répondu)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ta réponse assez complète ;) Je viens de la lire et merci de ta visite

      Supprimer
  5. Tres bon article Aurore je pense que je relirais plusieurs fois.
    Je garde en tete l'idee de repenser a nos seances d'entrainements pour garder la motivation sur une course ! Ca me semble bien !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Audrey, ça fait plaisir :)
      Ca marche bien en tout cas !

      Supprimer