L'OCC et moi ce n'est pas une histoire d'amour..


De retour après deux ans sur cette course qui m'obsède un peu. Cette OCC je veux la terminer, je veux en venir à bout et je ne peux pas rester sur un échec car c'est mon rêve qui s'effondre ensuite, celui de courir l'UTMB un jour. Si je ne suis pas capable de courir la "petite" course de la semaine qui fait déjà 55km et 3500mD+, je ne suis pas capable de courir la grosse.
Je suis donc retournée sur cette OCC, deux ans après. Je suis allée chercher mon point UTMB sur l'UTHC 65km l'an dernier. 

J'ai commencé la préparation OCC à la suite du marathon d'Ottawa qui s'est déroulé le 29 mai. Malgré toute la bonne volonté du monde, je n'arrive pas à courir plus de 6000mD+ entre juin et août ce qui va être très juste pour la course et ma plus grosse montée sera au Mont Tremblant et n'excédera pas les 800mD+. Je sais que j'ai la caisse pour la faire cette course mais je sais que je ne suis pas prête pour encaisser 3500mD+ et des montées de 1000mD+. Néanmoins, je suis très excitée à l'idée de prendre le départ de cette course. En plus, le t-shirt est vraiment beau et je rencontre plein de beau monde à Chamonix dont des WAA experts et des membres de la Runnosphère. Nous en profitons aussi pour faire une semaine de vacances en famille à Megève car cela faisait plus d'un an et deux mois que  nous n'étions pas rentrés en France. Ce que le temps passe vite. 
Deux jours avant la course, nous allons faire une balade au Lac Blanc qui est un endroit juste magnifique et les jambes répondent plutôt bien ce qui est bon signe. 




C'est étrange de se retrouver sur la ligne de départ d'une course qu'on attend tant. Je crois que je ne réalise pas sur le coup et même si je suis plus sereine qu'il y a deux ans, j'ai quand même une certaine pression, cette pression de terminer enfin cette course. Il va faire chaud nous dit Catherine Poletti, il faut que l'on s'y hydrate bien mais surtout que l'on se mouille dès que l'on passe devant des points d'eau. A 8h15 le départ est donné et je me cale au milieu de la foule, me faisant doubler à gauche et à droite. Je serai rapidement dans les dernières, trois personnes sont derrière moi. Mais la route est longue, cela ne sert à rien de partir à fond de balle ou je vais le payer plus tard.

Le parcours a un peu changé par rapport à il y a deux ans. On traverse toujours le village mais on nous a ajouté une bonne petite bosse de 200mD+ qui me mettra dans le rouge dès le début. La route va être longue avant Chamonix. Je respire assez fort et j'ai du mal dans les montées dès le début, cela fait bien longtemps que je ne me suis pas entraînée sur un terrain aussi raide. Ensuite, une belle descente nous fait face, pas technique du tout et j'en profite pour grappiller quelques minutes. On passe dans des villages Suisses, les bénévoles et les spectateurs nous encouragent au son des cloches et des applaudissements. De quoi gonfler le coeur de motivation et nous pousser. J'attaque ensuite la première vraie montée de la course qui m'amènera à Champex Lac, 500mD+ plus haut. Moi qui avais écrit sur mon récit de course il y a deux ans que c'était relativement plat, eh bah je vous confirme que c'est loin d'être le cas ! Je pêche à nouveau dans cette montée, les jambes pas habituées à manger du dénivelé aussi fort d'un coup et pourtant je me suis entraînée. Heureusement, nous sommes encore à la fraiche en sous-bois tout le long. J'arriverais à 10h29 à Champex Lac, je suis dans les temps des derniers mais c'est correct. Je pointe 1412 au classement. Bien contente d'arriver au ravitaillement et de boire, je ne traine pas et repars directement car le prochain objectif n'est pas moindre : La Giète, 11,2km plus loin et 837mD+ plus haut. Autant je ne me rappelle pas trop de la course en général, autant je me rappelle bien de cette montée. Il y a une longue descente facile après Champex Lac et j'en profite pour accélérer. Je me fais plaisir tout en essayant de conserver de l'énergie. Un faux plat montant nous fait face ensuite et nous passons devant un refuge. Je commence un peu à chauffer avec la chaleur mais heureusement la plupart de la montée se fera à l'ombre.


Je me souviens qu'au bout de ce faux plat, la vraie montée commence avec un mur bien raide que j'aborde tranquillement avec une américaine. Nous en profitons pour discuter un peu et sommes toutes les deux dans le dur. Habitant dans le New Jersey, elle a le même problème que moi qui est de ne pas avoir assez fait de dénivelé et de grosses montées. La montée est raide mais je pousse sur mes bâtons tout en prenant des pauses quand c'est nécessaire. Nous passons proche d'un ruisseau et je m'asperge d'eau sur le corps et la tête afin de me rafraichir ce qui fait un bien fou car l'eau est vraiment fraiche. Je continue ensuite l'ascension, le dénivelé passe mais pas assez vite à mon goût. Néanmoins, je commence à doubler du monde qui explose dans cette montée et qui ne se sent pas très bien. Sur la fin de la montée, je reprends du poil de la bête et accélère tout en doublant plusieurs personnes au passage sur le bord qui sont en mauvais état ou qui abandonnent. Ce que je ne vous dis pas c'est que depuis le début de la montée, je suis prise de pensées très négatives, j'ai envie d'abandonner car je ne me sens pas bien et je me demande ce que je fais là. Et pourtant, j'essaye de me dire que j'ai une chance folle d'être ici car la vue est magnifique !


Mon mental joue clairement au yo-yo et quand j'arrive au sommet, je passe la seconde et me met à courir. Maintenant, ce n'est que de la descente jusqu'à Trient. Je double pas mal et j'arrive rapidement à la Giète. Une petite pause pour recharger l'eau et m'asperger et je repars. Je pointe 1385 à la Giète. J'accélère dans la descente et j'arrive rapidement au col de la forclaz. Le terrain n'est pas si technique dans cette descente sauf sur la fin avec des escaliers. De quoi bien casser les jambes et le rythme. J'arrive à Trient avec une petite file derrière moi et je retrouve la famille venue m'encourager. Je pointe 1363 à ce niveau avec 25 minutes d'avance sur la barrière horaire. Je prends un peu le temps de me ravitailler car j'ai un problème, rien ne passe avec la chaleur et tout m'écoeure. Je mange donc du salé principalement avant de repartir sous les encouragements. Mais je sais que la montée à Catogne n'est pas facile et très raide.


Un long chemin de croix cette montée à Catogne. Je vais vraiment avoir beaucoup de mal, mes pensées sont tellement négatives et je vois beaucoup de monde juste faire demi tour et abandonner. C'est tellement simple. J'envois un message à BB et je me pose beaucoup de questions. Mais finalement, je prends la décision de continuer et même si je monte très lentement et que je fais beaucoup de pause, je monte. J'ai un petit coup de chaud, j'ai des frissons alors qu'il fait plus de 30 degrés et que je suis en plein soleil. Je me pose sur un caillou et un infirmier me demande si tout va bien car je suis blanche. Je le remercie et reprends ma route, tout comme la sienne. Cela me prendra plus de 2h dans ces lacets interminables et sur la fin je me remets à doubler un peu de monde car j'ai à nouveau un regain d'énergie même si cela fait plus de 2h que je n'ai rien mangé. J'arrive à Catogne et je profite du paysage. C'est juste magnifique, la montagne à l'état pur et comme je l'aime.
Je pointe 1328 à Catogne.

Il me reste 1h pour descendre sur Vallorcine, comme il y a deux ans. C'est jouable car j'étais passée à 5 minutes de la barrière en 2014. Mais rapidement mes pieds vont taper sur l'avant de mes chaussures et mes ongles me font tellement mal, impossible de courir. Dans ma tête je lâche et rend les armes, je sais que je ne vais pas passer Vallorcine et même si je passe, la barrière me rattrapera plus tard.
La déception encore une fois de ne pas terminer cette OCC. Manque d'entrainement en dénivelé, mental qui joue au yo-yo, problème d'alimentation qui ne passe pas, chaleur... Tant de facteurs mais qui n'excusent en rien mon échec. Je suis dégoutée, écoeurée. Moi qui rêve de faire l'UTMB, si je ne suis même pas capable de courir la petite, je ne pourrais jamais courir la grande.


A J+2, je n'avais déjà plus de courbatures ni de douleurs, j'étais donc prête à encaisser ces 55km mais pas les 3500mD+. BB en ayant marre, il a décidé d'aller chercher son point et l'an prochain nous tentons le challenge traversée - OCC ensemble et il compte me préparer comme une bête. Je me laisse une dernier chance car je ne veux pas rester sur un échec et je sais que j'en suis capable et que j'y arriverais. OCC on se reverra une dernière fois, pour le meilleur comme le pire. La prochaine grosse course de prévue est l'Intégrale des Causses, 65km et un peu plus de 3000mD+ aux Festival des Templiers fin octobre. Celle la je compte bien la terminer.

A très bientôt les amis !

8 commentaires

  1. Allez courage ! Je suis sûre qu'un jour, tu y arriverais !!!!

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  2. Merci pour ton récit vrai, qui n'embellit ni ne dramatise ce qui est arrivé. Je t'admire beaucoup pour ça!
    Partie remise pour cette course :)

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    1. Merci Valérie ! Oui partie remise encore une fois en espérant que cette fois, cela sera la bonne

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  3. Vraiment sympa ton récit !! Tu nous livre toutes impressions et sensations, bonnes et moins bonnes.
    La "petite" course comme tu la nommes, n'est pas à négliger.
    C'est de l'expérience que tu as acquise, reste plus à régler le pb d'alimentation et l'année prochaine à deux, vous allez assurer !

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    1. Merci Maya ! Effectivement, la petite course est déjà au final un gros morceau à avaler.

      J'espère, je veux y croire en tout cas !

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  4. J'ai en ligne de mire cette course aussi :)
    Je ne l'ai jamais tenté mais j'attends de revenir en France pour souffrir dans les Alpes et commencer à y songer sérieusement.
    En tout cas ton récit est très humain, on sent que tu arriveras la prochaine fois. La dimension mentale tu l'as, pousse sur le physique et tu la vaincras :)

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    1. Tu vas voir elle est super :) Un peu raide mais avec de l'entrainement ça marche bien !

      Merci beaucoup, c'est très gentil ! Effectivement, je dois vraiment bosser le physique et surtout les côtes pour enfin la terminer cette course

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