Trail Semnoz Tour 2016 par BB



Mon récit de course pourrait commencer comme beaucoup de récits par « comme vous le savez, ma prépa … ». Mais il n’en sera rien. Et ce, pour deux raisons assez évidentes. La première : parce que vous ne me « suivez » pas, car absent des principaux réseaux sociaux. La deuxième : parce qu’il n’y a tout simplement pas eu de prépa.
 Par contre je peux commencer mon article par une anecdote. Le fait de dire que je ne connaissais pas ce trail une semaine avant de prendre le départ, que ce n’était pas du tout prévu et que l’on s’est inscrit 30 minutes avant la fin des inscriptions en ligne avec Aurore, chez moi dans mon canapé devant un apéro. C’est certes moins vendeur et moins sérieux qu’une prépa de 6, 8, 10 ou 12 semaines avec 4 entrainements/semaine, du fractionné, du seuil et des sorties longues mais c’est la vérité.

Alors comment en sommes nous venus à nous inscrire à cette épreuve ? 
Comme vous le savez sûrement, Aurore n’a pas terminé l’OCC cette année non plus. Sentant un certain ras le bol suite à cela, je lui ai dit que l’année prochaine nous la courrons ensemble, ainsi qu’une grande partie de notre prépa (oui promis, cette fois-ci une vraie de vraie !). Pour être tiré au sort nous comptons nous inscrire au challenge traversée-OCC (la traversée que je ferais en mode compétition). Cependant, il me faut des points pour m'inscrire à cette OCC. En regardant un peu les courses qualificatives avant décembre, je tombe sur un beau trail avec une petite organisation comme je les aime. Un 45 bornes dans le Cantal fin octobre. Le tour du Nipalou.

En plein déménagement, installation sur Lyon etc, cela faisait près de 3 semaines que je n’avais pas couru sérieusement. Une course pour relancer la machine et arriver prêt dans le Cantal cela semble parfait ! En plus nous ne connaissions pas Annecy (en France) et une copine venait tout juste de s’y installer. Et puis Lyon-Annecy ce n’est pas un trop long trajet non plus. Sauf si comme nous, vous faites un « petit détour » par Nîmes. On arrive donc à 22 heures sur Annecy, après une journée de voiture sans clim dans les pattes sous 35°C. Et demain je cours 26km et 1500mD+. Aurore devait courir le 12km (une semaine après l'OCC) mais elle ne prendra pas le départ finalement, étant malade et toussant beaucoup. 

Le lendemain matin je me sens chaud comme une baraque à frites. Ou pas. Moi qui suis de nature stressé avant une course (même pour la course à la saucisse du village voisin), ce matin là pour ma première course de montagne je ne ressens rien. Je prends même un petit déjeuner de champion avec café dans une bollée à cidre (oups désolé Alexis !), biscotte et Nutella. On arrive assez tôt sur les lieux de la course, on voit le 45km partir, je vais chercher mon dossard, toujours pas de stress. J’épingle mon dossard, vérifie si j’ai bien tout dans mon sac, place le bob cochonou de ma petite sœur sur la tête, toujours pas de stress. Je fais trois pas, assez pour en arriver à deux constat. Le bob ne tiendra pas sur ma tête, dommage. J’ai les jambes en carton, dommage.
Un petit bisou à Aurore et je pars m’échauffer. Dans mon fort intérieur j’espère que je vais retrouver mes jambes d’ici la fin de l’échauffement et que je pourrais me débarrasser de ces jambes rigides et lourdes. Mais non, je vais devoir les garder toute la course et faire avec.

Il est maintenant temps de se placer sur la ligne de départ, d’habitude j’aime me placer tout devant, partir comme une balle et tenir le temps que ça tient. Au moins je ne prends pas les bouchons si bouchon il y a. Aujourd’hui non, je me place au milieu (bon ok, un peu devant quand même mais pas trop) bien pépère. Sur la droite tout de même pour ne pas manquer Aurore. 
Le départ est donné, le stressomètre ? Toujours à 0. On attaque directement par une petite montée à l’église, je vois Aurore qui scrute les premiers pour essayer de me trouver. En temps normal c’est ce qu’il faut faire. Pas aujourd’hui, je suis au milieu. Elle me voit tout de même et m’encourage. 
On continue de monter un peu dans le village et on attaque la montagne. Un petit coup d’œil à droite et on voit le lac en bas. Magnifique. Les bouchons commencent. Normalement ça m’aurait embêté, pas ce matin. Ce qui m’emmerde par contre ce sont ces cons qui essayent de doubler coûte que coûte. Moi aussi je suis capable d’avancer plus vite après 500 mètres de course. Donc ça ne sert à rien de doubler ! Je me prends la tête avec un gars, derrière une fille se prend la tête avec un autre. Ca y est, j’étais trop calme à regarder le lac, maintenant je suis énervé et j’ai toujours ces jambes lourdes ! Nous courons en sous bois sur un terrain sec pas très caillouteux, pas très technique et avec de petits points de vues sur le lac de temps en temps entre deux bosses.






Le bouchon s’estompe vite et fait place à une première descente très courte mais raide. Je me régale normalement dans ce genre de descente. Mais aujourd’hui impossible de descendre correctement et d’être sûr de mes appuis et les chaussures que je porte ne sont pas là pour me faciliter la tâche. Je mets donc le frein à main et descend plus tranquillement. Les 12 premiers kilomètres ne seront qu’enchainement de petits coup de cul comme cela, le tout en sous-bois jusqu’au ravito. Je vois Aurore assez souvent qui m’encourage et me prend en photos. C’est assez cool.
Au ravitaillement je ne suis toujours pas en mode course, je pense savoir où sont mes jambes (Avignon dans le kangoo, ou Ikea St Priest) mais impossible de les récupérer d’ici la fin de la course et je transpire beaucoup plus qu’à l’habitude ! Alors autant en profiter, je remplis mes bidons, me verse de l’eau sur la tête et direction le festin. Plus qu’un ravito, je peux appeler ce que j’ai fait un apéro. Je discute avec Aurore, me gave de tucs, fromage et saucisson. Dommage le bob cochonou aurait vraiment été approprié mais tant pis. Une dernière poignée de saucisson que je mangerais en remontant dans le village et je repars. J’ai bien du perdre une dizaine de places mais peut m’importe (ou plutôt balec’ comme je disais à ce moment précis de la course). Comme je n’ai pas non plus eu le temps d’étudier le parcours, je demande à un gars quand est-ce que l’on va monter. J’avais un vague souvenir que c’était après le ravitaillement mais pas plus. Le temps qu’il me réponde et j’ai ma réponse. On attaque un vrai mur ! Ce mur est en sous bois sur de la terre sèche. Cela manque de point de vue dans cette partie par contre. 








Je monte en suivant les autres, double les derniers du 45km et continue de monter. Je double aussi un gars du 25km qui s’est assit pour cause de crampes. J’en profite pour me ravitailler un peu puis on croise la route. A ce niveau nouveau ravito et je vois Aurore une nouvelle fois. Mes gourdes sont quasi pleines mais je reste quand même un peu. Je papote avec Aurore qui me rappelle que c’est une course et qu’il faudrait que je me bouge un peu. Je repars, encore une petite bosse et c’est la descente finale. Mais je commence à avoir des crampes ! Quoi ?! Des crampes au bout de même pas 20 kilomètres ?! Et oui, c’est ça d’avoir passé la semaine entre voiture et montage de meubles, de n’avoir quasi rien bu en eau (apparemment le vin bu a Chamonix ne compte pas en hydratation) et d'avoir mangé ce qui nous tombait sous la main. J’arrive tant bien que mal au point culminant, un peu déçu de ne pas avoir plus de points de vues mais c’est comme ça. J’attaque la descente, le début se passe bien, puis c’est une longue descente aux enfers. Je me mets même à marcher, me faisant doubler par des groupes de coureurs. Moi qui adore ce genre de descente en temps normal. Le terrain est technique et aujourd'hui je n'ai pas les jambes pour. 



Je finis tout de même par arriver dans le village, prends un verre de Coca et me jette dans le lac ! 3h15 pour terminer ces 26km et 1500mD+, 3eme espoir masculin. Ce n'est pas la performance de l'année mais je ne vais pas m'en plaindre. 
Bon maintenant il va falloir se remettre aux choses sérieuses, car le tour du Nipalou ne va pas se courir tout seul et je veux mes points UTMB !!


A bientôt !

2 commentaires

  1. Il me fait sourire ce récit de course parce que malgré la meilleure volonté du monde on se retrouve tous au départ d'un trail sans aucune préparation. Le moment où l'on se dit que l'on fera la course "au talent!". Quoique dans ce cas moi je ne fais pas un tel temps! =)

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    1. Ahah ce n'est pas faux. On fait tous au moins une course au "talent" ! Baptiste est fort naturellement on va dire :) (Aurore)

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