Cross du Mont Blanc 2017


J'adore le cross du mont Blanc et et c'est ma course préférée en montagne. C'est court mais dur car il y a beaucoup de dénivelé par rapport au kilométrage et cela ne fait quasiment que monter, surtout sur la seconde partie de la course. Néanmoins, c'est un parcours juste magnifique avec une vue extraordinaire sur le toit de l'Europe, le Mont Blanc. Et puis on ne va pas se mentir, Chamonix c'est mythique et c'est l'endroit idéal pour pratiquer le trail running. Cela me donne donc beaucoup d'émotions dès que j'y retourne et j'adore l'ambiance qui y règne. 

Nous avons été tirés au sort avec BB cette année sur le cross du Mont Blanc et j'étais très contente d'y retourner, 3 ans après ma première participation. Surtout que mon année 2017 a plutôt bien commencé en trail, je voyais enfin des progrès, j'enchainais les sorties et les courses avec du dénivelé et je me faisais des séances d'escaliers toutes les semaines sur Lyon. Néanmoins, le sort en a décidé autrement et je me suis blessée, tendinite au genou (le TFL ou plus communément appelé le syndrome de l'essuie glace...). Une vraie plaie cette tendinite qui m'a empêché de réellement courir pendant plus de 3 mois (ne pas dépasser les 5km de course) et de faire du dénivelé car c'est principalement en descente que j'ai mal. J'ai quand même pu reprendre un petit entrainement début juin grâce à la genouillère ZAMST.


C'est donc sans pression que je suis allée sur la ligne de départ de ce cross du Mont Blanc. Après tout, je n'avais rien à perdre. Je ne savais pas du tout ou en étais la douleur au niveau du genou ni ce que j'étais capable de faire aujourd'hui. La seule chose que je savais, c'est que j'allais souffrir car se prendre 1700mD+ dans la tête sur 23km ce n'est pas rien, surtout avec 0 entrainement dans les jambes depuis 3 mois. J'aurais juste pu ne pas prendre le départ mais j'étais bien trop heureuse de retourner sur Chamonix pour l'évènement et il étais hors de question que je ne fasse pas la course. 

Nous nous retrouvons donc avec BB en ce samedi 24 juin à 8h00 sur l'aire des parapentes de Chamonix, la vue sur le Mont Blanc. Il fait très bon ce matin, parfait pour se balader en t-shirt et ne pas avoir trop chaud. Le ciel est dégagé et les conditions sont idéales. Décidément, j'ai de la chance avec mes courses en montagne, je n'ai pour l'instant jamais pris la pluie. 
BB va se placer et à 9h le départ est donné. Les premiers partent sur les chapeaux de roues et nous passons tous sous la ligne de départ de cette fameuse course, le cross du Mont Blanc. La première étape pour moi est de me rendre jusqu'au 1er ravitaillement à Tré-le-Champ, soit au km 12. Je suis quand même stressée au départ à cause de deux points : mon genou car j'ai peur que la douleur se réveille et les barrières horaires que j'ai peur de ne pas passer.


Les 12 (enfin 13) premiers km jusqu'à Tré-le-Champ se passent très bien. Je suis dans un bon état, je cours à mon rythme et je marche quand je dois marcher. Après 3 mois sans entrainement, je ne dois pas demander des miracles à mon corps qui est tout endormi. Je suis dans les dernières mais je rattrape du monde dans chaque descente. Cette première partie est presque « cadeau » comparé à la suite du parcours même s'il y a 1-2 petites bosses qui cassent les jambes, je pense notamment à la dernière avant le ravitaillement. Le parcours n'est pas du tout technique, le plus souvent ce sont des chemins dégagés et il y a de nombreuses personnes qui encouragent à l'approche des villages. Nous sommes au frais dans la foret et je tourne à un rythme qui me convient bien. Je prends beaucoup de plaisir dans les monotraces et je retrouve des sensations. Cette odeur de bois frais du matin, ces sapins qui nous cachent du soleil, ce petit sentier qui longe la montagne et ces charmants villages que nous traversons... Tout est réunis pour se faire plaisir.
Je passe à 20 minutes de la barrière horaire au 1er ravitaillement, à Tré le Champ au bout de 12km et 600mD+ en théorie (ma montre en indiquait 13 et 700mD+). 2h15 pour faire cette première portion et le genou me laisse tranquille. J'en prends plein les yeux, les bénévoles sont adorables et je repars pour la Flégère, le gros du parcours avec mon verre de cocas et des bananes.



Je sens déjà la fatigue arriver dès le début de la montée mais c'est normal, cela fait des mois que je n'ai pas couru plus de 10km. J'ai déjà plus de 700mD+ dans les jambes et je vais m'en prendre quasiment 1000m de plus. Je ne me souvenais plus trop bien de la montée à la Flégère et de sa raideur vu que ma première participation remonte à il y a déjà 3 ans. Je me souvenais juste du fait que c'était magnifique avec la vue sur le mont Blanc tout du long.
Je profite de la vue encore cette année, le Mont Blanc juste en face de moi et qui m'encourage.  Il commence à faire chaud et même si ce n'est que 26 degrés, j'ai des frissons en plein soleil, je suis en train de prendre un coup de chaud. Ce n'est pas très bon signe. J'ai très soif mais je me force à conserver mon eau pour ne pas me retrouver comme en 2014 avec une poche à eau vide en plein milieu de la montée. Je double une anglaise et une sud africaine, c'est tout un melting-pot ce cross du Mont Blanc.


Ca monte et c'est vraiment raide jusqu'au Béchard. Une bonne première bosse et plus on avance et plus j'ai du mal à tenir le rythme et je fais de plus en plus de pause. Même si je ne lache pas dans ma tête, mon corps si. Je suis crevée. Fatiguée. Je n'ai pas les jambes, je n'ai pas le souffle. C'est dur. Mais je veux aller le plus loin possible alors je continue de monter à mon rythme. Je me dis que j'ai encore du temps pour la barrière horaire. Je profite surtout du paysage et de ma bonne humeur à être présente à nouveau sur cette course que j'aime tant. Le Mont Blanc nous fait face et il est toujours aussi majestueux, comme dans mes souvenirs. 
Arrivée en haut du Béchard, il est temps d'attaquer la descente qui est très technique et bien raide. C'est à ce moment-là que mon genou décide de se réveiller et de me gêner. Je ne la cours pas cette descente, je la marche à un très bon rythme et je trottine quand je peux ce qui fait que je perds énormément de temps. Je double quand même certaines personnes et je ne me fais pas doubler donc c'est le plus important. Le genou s'est réveillé mais il tient le coup et la douleur ne s'accentue pas. Elle s'arrêtera d'ailleurs dès la fin de la descente. 

Des cailloux, de la terre qui glisse, des racines, la descente du Béchard est sans pitié et je suis contente d'en terminer. On attaque maintenant le plus dur avec la montée à la flégère. J'en profite pour courir au début de la montée car c'est relativement plat et cela alterne entre faux plat montant et descendant. Néanmoins, le sentier devient vite raide et il est temps de se remettre à marcher. Nous passons proche d'une petite cascade et je me verse de l'eau sur la tête et sur les bras. J'ai encore des frissons alors que j'explose de chaleur au soleil. Essayer de faire baisser sa température corporelle via une eau glacée, c'est juste le meilleur moment de ma course.

En plein milieu de la montée, je me mets à stresser pour la barrière horaire car je ne vais pas vite du tout et j'ai encore un bon morceau avant d'arriver au sommet. Je pense que je ne vais pas la passer à temps. Mes soupçons se confirment quand je croise un bénévole qui nous dit « encore 300mD+ et 1km». Euh, quoi ? Monsieur ? Il y a un problème, sur ma montre cela me dit pas du tout ça. 300mD+ et 1km, en 30 minutes, je vais jamais y arriver... Je fais entre 400-450mD+/h en vitesse ascensionnelle, autant vous dire que ce n'ait juste pas jouable. Et c'est à ce moment que j'ai su que je ne passerais pas la barrière horaire de la flégère et que comme pas mal de monde autour de moi, l'aventure allait aussi s'arrêter ici pour cette année. 


On s'entends que je n'ai rien lâché dans ma tête, que j'ai essayé de monter le plus vite possible pour la passer cette barrière horaire mais que je n'ai pas le niveau pour. Il y a 3 mois, je l'aurais eu parce que je m'entrainais bien mais on peut tellement perdre en 3 mois. En course à pied, c'est comme si on repartait de zero. 
Je vais souffrir dans cette montée jusqu'à la Flégère et je vais aller au bout de ce que je suis capable de donner aujourd'hui, épuisée et toujours prise de frissons quand le soleil apparait. Je vais faire régulièrement des pauses mais je vais aller au bout. Et comme je suis habituée, on va me couper la pointe gauche de mon dossard pour signaler mon abandon et récupérer mon code barre car je suis un numéro comme un autre sur cette grosse machine qu'est le marathon du Mont Blanc. Et comme d'habitude, je vais pleurer et rentrer bredouille.


De manière différente à d'habitude, je vais rentrer chez moi et voir la médaille de mon cross du Mont Blanc 2014 que j'ai terminé et je retrouve l'espoir. L'espoir d'un genou qui se soigne et qui va me permettre de reprendre l'entrainement plus sérieusement. 
J'en suis capable, je suis capable de passer pleins de barrières horaires tant que je m'entraine sérieusement et c'est bien ce que je compte faire, retourner à l'entrainement comme en ce début d'année et faire péter ces barrières horaires bien comme il faut. 

Retourner sur le cross du Mont Blanc en 2018 me parait aussi être une bonne idée si je suis tirée au sort, je n'aime pas rester sur un échec. Félicitations à BB qui termine le cross du Mont Blanc :) 

Merci Chamonix et à bientôt

ps : Après résultat, le cross ne faisait pas 23km et 1700mD+ mais 25km et 2000mD+. 



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