Grand Trail du Lac

Photo de l'organisation - Thomas Vigliano

Dimanche j'avais rendez-vous au lac du Bourget pour le Grand Trail du Lac sur le format 34km et 2000mD+. Une bonne course alpine sur la fin avec ses quelques passages techniques. Même si j'ai dégusté de part un manque d'entrainement flagrant et 3 jours de salon sur les Templiers juste avant combiné à une entorse de la cheville et un TFL toujours présent sur les coups des km 25, j'en ai bien profité. 
J'étais vraiment stressée.. Très stressée.. Car je suis blessée depuis 6 mois maintenant et mon TFL est toujours présent, il apparait juste plus tard (je pouvais courir 2km sans avoir mal avant, maintenant je peux faire 25km sans douleur). Presque aucune course cette année et un programme que j'ai vu s'effondrer. Pas de premier ultra, pas d'UT4M, un cross du Mont Blanc complètement raté. Garder le moral est important et j'étais vraiment contente de retourner sur ce genre de distance qui me ramène un peu sur du plus long. C'était l'occasion de me tester et de tester le genou. 

Avec un retour très tard sur Lyon le samedi soir après 3 jours de salon sur les Templiers, le réveil à 5h30 pique bien mais pas le choix, il faut se lever. Direction le Bourget du Lac, 1h15 à peine de route. On retire rapidement le dossard et on va se caler au chaud dans la navette qui va nous amener jusqu'au départ. Elle nous déposera 1h avant que la course ne soit lancée et il ne fait pas chaud du tout à Chanaz. On va se mettre au chaud dans une toute petite salle en pierre. Avec pleins de coureurs agglutinés, l'effet de chaleur arrive vite et nous tiendra au chaud jusqu'au départ. Vers 8h40 nous sortons histoire de s'échauffer un peu. A 9h le départ est donné et ça part direct sur une petite côte bien raide jusqu'au point de passage du relais. Je commence par de la marche. Doucement mais sûrement, je ménage ma monture car l'arrivée est encore bien loin. 

Photo de l'organisation - Thomas Vigliano

La première section de la course fait 10km jusqu'au ravitaillement. Elle alterne montées assez sèches et descentes plus roulantes, toujours en sous-bois. Il y a peu de points de vues et je trouve cela dommage. La pluie commence à s'abattre sur nous et ne nous quittera pas de la journée, s'arrêtant de temps en temps histoire de nous laisser le temps de sécher. Malgré les 700mD+ sur la première section, je cours dans les descentes et j'arrive à bien relancer sur le plat. Ce n'est pas technique du tout et le paysage est plutôt sympathique. Il faut juste faire attention en posant les pieds et je suis assez en retrait dans les descentes à cause de ma cheville. Les feuilles tombées au sol cachent les petits pièges comme les racines ou les cailloux. C'est dommage car c'est en descente que j'arrive toujours un peu à rattraper mon temps mais j'y vrais vraiment tranquille : la cheville tire et je veux éviter de la finir sur ce parcours. 
J'arrive au 1er ravito en 2h10 après 10 bornes et 700mD+. Je croise des coureurs du 70km qui sont déjà bien amochés et le plus dur reste à venir avec la dent du Chat. De quoi me restaurer, quelques oranges, du saucisson, des cacahuètes, un petit verre de coca comme toujours et je repars. Prochain objectif : le second ravitaillement au km 19 et juste avant la difficulté du parcours. 



La seconde section passe vraiment bien et je me sens à l'aise malgré la lourdeur dans les jambes. Toujours aucun signe du genou ce qui est plutôt bon signe. Nous sommes encore dans les sous-bois dans cette section et je me fais doubler par des rapides du 75km qui ont toujours un gentil mot pour moi que je leur retourne. La pluie refait son apparition puis le soleil suivi à nouveau de la pluie. Je garde la veste sur moi, plus simple pour s'ajuster à la météo. Je profite de cette section plutôt « facile » en vue du gros morceau qui m'attend et je pointe au km 20 et 1100mD+ en 4h. Petit check de la cheville et du genou qui vont toujours bien, une pause au ravitaillement et c'est parti pour la montée à la dent du chat... 


Les premiers mètres se font bien même si la montée est très raide dès le début et elle le sera jusqu'au sommet. On est en train de se manger un kilomètre vertical dans la tête avec ses 900mD+ sur même pas 4km. Je suis bien contente d'avoir pris mes bâtons mais je commence à pécher alors que j'ai fait même pas 200mD+. C'est dans ce genre de moment que tu sais si tu es prêt ou pas : j'avais trop mal aux jambes, j'ai fait beaucoup de pauses, le moral à dégringolé et le mental est parti comme il est arrivé. Un cercle vicieux. 


J'essaye de me donner des petits objectifs, de faire des pauses en haut des murs mais la montée est tellement raide et nous avons tellement peu de répit. Mon cerveau décroche complètement et je suis juste soulée, je n'ai qu'une seule envie : être au fond de mon lit. Le dénivelé défile bien trop lentement à mon goût et cette montée à la Dent du Chat fut un véritable chemin de croix. En plein milieu, une tempête de grêle s'abat sur nous et nous passons dans une section derrière la dent du Chat assez impressionnante avec les 800m de vide sur notre droite et une corde à laquelle se tenir pour passer sur le single. J'ai un peu le vertige et je ne traine pas surtout qu'il y a énormément de vent derrière la Dent. Un grand chapeau aux deux bénévoles présents pour sécuriser le passage, vous étiez juste géniaux avec ce froid ! Après ce passage vertigineux (c'est le cas de le dire), je retrouve une section déjà réalisée en off : nous sommes dans le creux entre la Dent du Chat et le Molard Noir et il faut maintenant monter jusqu'au Molard. Le plus dur est fait, il doit rester environ 200mD+ grand maximum mais ce sont des passages avec des pierres très glissantes et de la corde pour s'accrocher. Une belle galère surtout que mon genou commence à se réveiller au bout de 25km. 


La grêle continue de s'abattre sur nous et après une montée interminable j'arrive enfin au sommet du Molard Noir. Aucune vue avec ce temps et je ne traine pas car je suis vraiment congelée et je ne sens plus mes doigts. Un petit 2km de faux plat pour aller jusqu'au ravito au sommet sous de gros flocons et c'est la petite pause bien méritée. Objectif ? Réchauffer mes doigts avant qu'ils ne tombent même si j'ai des gants. Je n'aime pas le thé mais j'en prends quand même dans ma cup, ça me réchauffe puis je repars sans trop tarder. Encore un gros BIG UP à ces bénévoles qui sont restés dans le vent et le froid au sommet pour nous donner un peu de chaleur et de réconfort. 

Photo de l'organisation - Thomas Vigliano

La descente sera tout aussi dur que la montée avec un genou qui se réveille vraiment et qui me force à marcher malgré la genouillère. Je lui en demande beaucoup aujourd'hui et je savais qu'il allait se réveiller au bout d'un moment. Nous perdons 1200m de dénivelé sur 8km et même si la descente se fait bien en lacets, elle est très boueuse et je traine les pattes. Mon genou me fait de plus en plus mal et je me ramasse ... comme une merde ... les coudes en arrière. J'ai un beau bleu encore une semaine après. Quelle longue descente, interminable descente, pleine de bouette et sous la pluie. 

Contente d'arriver et d'en terminer ! Je retrouve la route finale et BB et je me remets à courir dès que le chemin est plat car le genou ne me fait plus mal. Je n'ai qu'une seule envie : en terminer. J'ai froid, je suis fatiguée et c'était juste trop dur pour aujourd'hui. La fin de la course est mal balisée et heureusement que je ne suis pas seule. On suit une piste cyclable, on passe sous un tunnel et je passe la ligne d'arrivée en plus de 9h. Vous avez bien lu, 9h. Ma course s'est transformée en randonnée. 
Cela faisait longtemps que je n'étais pas arrivée dernière tiens et je suis acclamée en entrant dans la salle par les gens qui attendent et d'autres coureurs que j'ai croisé sur le parcours. Merci au coureur qui m'a sorti un « t'es une championne », c'est toi le champion va avec tes 75km dans les jambes. 


Vous l'aurez compris, la course ne s'est vraiment pas passée dans des conditions optimales mais je suis contente d'être allée au bout et de ne pas avoir lâché. Ce n'était vraiment pas simple, j'ai beaucoup beaucoup marché sur la fin mais je me suis rendue jusqu'à la ligne d'arrivée malgré une cheville en vrac et un genou douloureux. Je voulais mettre 7h et je sais que j'en suis largement capable, j'ai juste eu un gros coup de mou et quelques douleurs hélas. Je ne suis pas fière de mon temps mais c'est aussi ce qui fait progresser et disons que mon trail s'est transformée en randonnée. 
La prochaine ne peut être que meilleure ! C'est quand même un beau trail (surtout quand il fait beau) et avec des bénévoles aux petits soins. 
Le lendemain je n'avais plus rien au genou (vive le tfl...) et la cheville se porte bien. Merci à Extrasports pour le dossard, c'était cool même si c'était dur.  

A très bientôt ! 

Le Molard Noir et la Dent du Chat en face par beau temps (dimanche on ne voyait même pas la dent) 


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