Cross du Mont Blanc 2018


Le Cross du Mont Blanc et moi c'est une belle histoire d'amour (comparé à l'OCC). Quel plaisir de revenir encore cette année pour m'aligner sur cette belle course de montagne, courte mais exigeante de part un dénivelé important et quasiment aucune descente. Un départ de l'aire des Parapentes de Chamonix pour une arrivée à Planpraz (2000m d'altitude) digne d'un tour de France. J'aime beaucoup ce week-end de fête organisé par le club des Sports de Chamonix. 

J'ai déjà couru le cross en 2014 que j'ai terminé en 5h45 pour 23km et 1700mD+ dans les dernières, avec à peine 10 personnes derrière moi et 1700 devant. Je suis revenue sur le cross en 2017, mais avec 3 mois de pause due à mon TFL, j'ai rapidement été coupée à la barrière horaire de la Flégère au km 17. Je revenais donc cette année avec une certaine appréhension et la peur d'être coupée à nouveau à la Flégère.


Nous arrivons sur Chamonix le vendredi en début d'après-midi afin de voir les premières du 90km arriver et de profiter du Village exposants. Quel plaisir de retrouver Chamonix sous le soleil, un grand soleil qui ne nous quittera d'ailleurs pas du week-end. Même s'il a fait chaud, je trouve quand même cela bien plus agréable que d'avoir la pluie ou un temps couvert. Le Mont-Blanc nous dominait de toute sa splendeur et ne nous a pas quitté du week-end. Nous récupérons nos dossards (Cross du Mont Blanc + Duo étoilé) et nous profitons de la fin de journée avant d'aller manger un bon plat de pâtes traditionnel d'avant-course.


Chamonix, Aire des Parapentes, 8h 

Le départ du 25km est donné et ce sont plus de 1800 coureurs qui s'élancent sur les sentiers de la capitale mondiale du trail sous les applaudissements des nombreux accompagnateurs et de la voix mythique de Ludovic Collet. J'ai déjà ma tactique de course en tête depuis la semaine dernière : étant donné que les 12 premiers km sont les plus faciles et assez roulants (600mD+), je vais essayer de courir le plus vite possible quitte à arriver cramée au ravitaillement de Tré-le-Champ, mais avec de l'avance sur la barrière horaire. 
Les 3 premiers km se font sur un sentier très large qui nous permet de sortir de Chamonix tout en traversant la rivière. Nous attaquons ensuite par une première montée assez roulante, mais qui casse bien les pattes dès le début. Baptiste pose directement sa main dans mon dos ce qui m'allège considérablement et me permet de monter plus rapidement, voir même de doubler du monde. Je relance dès que nous sommes au sommet pour ne pas perdre de temps et double quelques personnes dans la descente. Le Lavancher pointe rapidement le bout de son nez au km 5 et on sonne sur le tapis. 1730/1873ème, 5km et 200mD+ en 45 minutes soit du 6,7km/h. Je suis assez contente de mon rythme que je vais arriver à tenir jusqu'à Tré-le-Champ malgré les 400mD+ que l'on se prend dans la tête.




La seconde partie jusqu'à Tré-le-Champ sera plus raide avec notamment une belle petite montée en sous-bois qui casse le rythme. Baptiste continue de me pousser en montée et je double en masse en descente. Ce n'est pas technique du tout et les gens vont vraiment doucement donc j'arrive à me faufiler entre les coureurs malgré l'étroitesse du sentier et je double toutes ces personnes qui m'ont doublé dans la montée. Trouver un rythme sur cette première partie de parcours n'est pas simple, car il y a une belle alternance de montées-descentes qui font mal. Mais je n'oublie pas la tactique de course et je suis à fond. J'ai le coeur au niveau de la gorge et les poumons en feu. Ajoutons à cela des jambes de bois et le tour est joué. Néanmoins, Tré-le-Champ arrive plus tôt que prévu après 12km de course et 600mD+. 1726/1873ème en 1h57. L'an dernier, j'étais passée en 2h17 au ravitaillement, le gouffre est colossal. Ma tactique fonctionne pour le moment, car cela me laisse 2h30 pour monter à la Flégère. Je ne traine vraiment pas au ravitaillement, un peu de coca, 1 banane, 2 oranges, Baptiste qui remplit mon eau et je repars illico presto.


C'est ici que la course commence avec la montée à la Flégère : 800mD+ sur 6km. Pas le temps de niaiser comme on dit au Québec, je monte d'un bon rythme grâce à Baptiste qui me pousse, mais j'ai quand même besoin de faire quelques pauses à l'ombre. Nous sommes en plein soleil pour monter et il tape. J'ai sorti la casquette à Tré-le-Champ histoire d'éviter ou du moins de retarder le coup de chaud. Cette montée à la Flégère je commence à la connaître par coeur : nous avons en premier lieu une bosse de 300mD+, puis cela redescend via un sentier dans les bois très technique avant de remonter. Autant je me fais doubler dans la première bosse, autant je vais à nouveau doubler pas mal de monde dans la descente technique. J'arrive à relancer malgré la fatigue et je prend beaucoup de plaisir sur ce magnifique parcours. Malgré tout, la fin de la montée sera mon chemin de croix en plein soleil. 20 minutes à marcher sans faire de pause, à sentir le soleil taper dans ma nuque et à ressentir les effets du coup de chaud : frissons, fourmis dans la tête.. LA FLEGERE ! Elle est là ! Et je la passe à 15 minutes de la barrière horaire. 1690/1837ème en 4h13 de course pour 19km et 1300mD+. Ma tactique de course à fonctionné : je vais être finisher du cross du Mont Blanc 2018 ! Je suis tellement heureuse à ce moment-la que je passe très peu de temps au ravitaillement et repars direction Planparaz, l'arrivée 6km et 300mD+ plus loin.



La fin de la course sera une succession de petites bosses le long du Balcon Sud qui nous offre une vue époustouflante sur la vallée de Chamonix. J'ai cependant du mal à trouver mon rythme. Je me remet souvent à courir après avoir pris une petite marche. Nous prenons quelques bouchons, mais cela est quand même fluide dans l'ensemble. Et surtout je commence à me relâcher après avoir passé la barrière horaire. Néanmoins, je reste quand même concentrée car le délai maximum de course pour être finisher est de 6h. J'ai de la marge, surtout que livetrail nous annonce une arrivée en 5h50. Je profite à fond de cette dernière partie de course avec une montée loin d'être facile qui nous fera passer dans la neige. Planpraz se rapproche, cela fait déjà un petit moment que nous entendons les speaker au loin. Après une longue montée, nous passons dans la neige pour rejoindre la ligne d'arrivée qui se situe dans une descente.


J'ai vécu un concentré d'émotions en passant la ligne d'arrivée. Le fait de passer dans les délais me conforte sur le fait que j'ai une marge de progression si je m'entraine sérieusement. J'ai eu un surplus d'émotions (mais sans lâcher une larmichette), car j'ai pensé à toutes ces courses qui ne passent pas et qui m'ont vraiment fait mal (OCC 2014, OCC 2016, Cross du Mont Blanc 2017, Marathon de l'Hortus 2018...). Revenir sur Chamonix et terminer une course, cela faisait bien longtemps que cela ne m'était pas arrivée. Et cela me donne espoir pour la suite de la saison et pour ma 3eme tentative d'OCC l'an prochain.
Tellement fière de ma médaille et tellement fière d'être rentrée dans les délais en 5h43 en 1643/1837 partants. Je gagne tellement de places par rapport à 2014 et je termine en 2 minutes de moins, mais avec 2 km supplémentaires sur un parcours durci par rapport à 2014. Comme quoi, le Cross du Mont Blanc était ma première course de montagne en 2014 et ma préférée et cela restera sûrement ma plus belle course en 2018. Je peux déjà l'affirmer même si la saison ne fait que commencer. Et cela me montre que même si je n'ai pas forcément gagné en vitesse (quoique), j'ai surtout gagné en endurance ces 4 dernières années. Je suis fière de ce que j'ai réalisé aujourd'hui à Chamonix. Je me suis donnée du début à la fin et je n'ai rien lâché !

Un grand merci à Baptiste qui m'a poussé dans les montées et avec qui j'ai partagé cette 40ème édition du Cross du Mont Blanc. Sans lui, je ne sais pas si j'aurais pu passer dans les délais et franchement, cela me rassurait de ne pas y aller toute seule.


A très bientôt ! 

6 commentaires

  1. Ouais, pas le temps de niaiser (lol). Mais t'as réussi avec un immense sourire de joie. Et le cœur plus léger. Bravo !

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    1. Jamais le temps de niaiser ;)

      Merci beaucoup !

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  2. Joli commentaire et bravo pour ta course!
    C'était aussi ma première course de montagne, le Cross du Mont Blanc.... (en 2005!!!!!! rho la la, le coup de vieux!)

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