La Rock Shot aux Templiers


Quel plaisir de revenir sur les Templiers, deux ans après ma première participation à cet événement sur l'Intégrale des Causses. Et quelle chance nous avons eu ce week-end, le soleil au rendez-vous et des températures estivales (25 degrés l'après-midi). Parfait pour s'aligner sur la Rock Shot et ses 31km et 1400mD+ au programme (qui au final en font plus 34 que 31). Une inscription de dernière minute sur cette nouvelle course qui rend hommage à Christophe Rochotte, journaliste chez VO2 Mag disparu en 2015. 
Un départ en toute simplicité, sans arche ni superflu même si nous avons quand même eu droit à la musique mythique des Templiers « Ameno ». Le départ est donné à 7h45 de Notre Dame de la Salvage et le seul objectif aujourd'hui est de se rendre jusqu'à Millau sans démonter le genou. Une bonne sortie longue pour préparer la SaintéLyon en somme.



Les trois premiers km sont assez roulants, on alterne des faux plats montants et descendants à travers forêt ce qui permet de s'échauffer avant d'attaquer les premières bosses. Je suis partie avec ma veste WAA que je retirerai rapidement, faisant cocotte. J'avais pris ma frontale, mais elle me servira à peine 10 minutes. Passé cette première section, on rejoins une partie du parcours que je connais avec les falaises du Pompidou. Elle se situe au km 40 sur l'Intégrale des Causses et je me rappelle avoir trouvé cette section juste horrible et très longue. C'est tout le contraire aujourd'hui. Le jour se lève sur les Causses et le parcours nous offre une vue assez belle sur la vallée de Millau. Alors oui ce n'est pas simple de trouver son rythme sur ce type de parcours qui ne fait que des petites bosses, mais je suis tellement contente d'être ici aujourd'hui que j'en profite à fond. Je fais un peu le yo-yo avec d'autres coureurs et notamment un couple qui me double dans les montées et que je double ensuite dans les descentes. L'occasion de discuter 5 minutes, ils viennent de Bretagne. Je trouve déjà ça long de venir de Lyon.


Le premier ravitaillement se situe au km 15,5 et après avoir terminé la section des falaises du Pompidou, nous descendons dans le ravin de Laumet pour mieux remonter ensuite par la première difficulté du parcours : une belle côte bien raide de 300mD+ sur 1km. Les montées sont certes courtes aux Templiers, mais elles sont très raides. J'ai le coeur au niveau de la gorge, les mains sur les cuisses mais je monte sur un bon rythme. J'accroche le coureur juste devant moi, mon seul objectif est de ne pas le lacher. A peine arrivée en haut, je n'ai pas le temps de profiter : il faut redescendre. C'est l'occasion pour moi de grappiller quelques places (histoire de ne pas finir dernière) et surtout de doubler les coureurs qui m'ont posé dans la montée. Les descentes ne sont pas techniques en plus, il y a quelques cailloux, mais cela se fait bien en faisant un peu attention.


Le ravitaillement va tarder à arriver. Après la descente, la seconde difficulté du parcours se présente à nous : une belle côte de 400mD+ sur 2km pour arriver sur le plateau. Je monte, lentement mais sûrement. Cette seconde montée sera très longue et vraiment raide. Je commence à avoir bien chaud, il est temps de sortir le débardeur. J'ai à nouveau le coeur qui s'emballe et personne ne me double. Je vais faire la montée seule du début à la fin, personne ni devant ni derrière moi. Arrivée sur les hauteurs, nous avons une petite section de plat pour retrouver le ravitaillement. Je trottine jusqu'au ravito et déchante lorsque j'arrive : de l'eau, de la boisson gazeuse et des petits lu + chocolat. Tant pis pour le coca et les cacahuètes que j'ai imaginé pendant 10km. Après 16 bornes, 800mD+ et 3h de course, c'est tout ce que nous avons. Ok les Templiers est une course assez « minimaliste » mais quand même. 

Je repars donc du ravitaillement le moral un peu dans les chaussettes surtout que je sens le coup de bambou arriver. Et je peux vous dire que j'ai fait une erreur de débutante : 22-23 degrés dehors, un grand soleil, pas un nuage, j'ai mon buff sur le visage et je suis en débardeur. Grosse erreur. Je vais prendre un sacré coup de chaud. Il ne fait certes pas 30 degrés, mais cela ne m'empêchera pas d'en « chier » sur la fin du parcours. J'aurai du mettre ma casquette.
J'attaque la descente sur Massebiau qui se fera sans encombre et je croise au passage l'ami Pierre qui s'occupe du balisage sur le parcours et qui m'encourage (merci !). Je double pas mal de monde dans cette portion, de nombreux coureurs du marathon du Larzac. 

Massebiau arrive après quelques heures de course. Pas de ravitaillement donc je ne fais pas de pause. Je n'ai quasiment rien bu dans la descente et le prochain ravito se situe au sommet au Cade après une belle montée de 500mD+. Que dire de cette montée ? Je la préfère de nuit ! Elle est tellement raide et je me sens tellement mal. J'ai la nausée qui commence à arriver, j'ai la tête qui tourne et je vois des petits points noirs. C'est pas bon signe ça. Je me pose deux minutes sur un caillou histoire de stopper les tournis. Un coureur me croise « vous êtes livide mademoiselle » « t'inquiètesssssssss ca va aller ». Je me force à manger un truc, à boire pas mal, mais j'ai tellement soif que je serai capable de vider mes flasques en deux secondes. Vous l'aurez donc compris, la montée sera un long chemin de croix en plein soleil avec de nombreux arrêts. C'était un peu la délivrance d'arriver au sommet et surtout de retrouver le seul vrai ravitaillement de la course après 28km et 1400mD+. 

Du coca, du fromage, du jambon, du pain... Même si la course se termine dans moins de 5km, je fais le plein car je me sens vraiment vide d'énergie. J'ai deux troncs d'arbres qui font office de jambes. Je repars du ravitaillement en courant et j'attaque la descente regonflée à bloc avec une seule envie : terminer le plus rapidement possible. 


Je me souvenais d'une descente technique et glissante, c'étant sans compter sur mes chaussures Salomon qui ont fait le job ! Je n'ai jamais glissé et j'ai pu profiter de cette descente. J'étais beaucoup plus sereine que sur l'Intégrale des Causses. Millau se rapproche et on entend le speaker au loin. Après le passage dans la grotte du Hibou j'accélère.
Toujours aussi fan de cette ligne d'arrivée que je commence à connaître : une petite descente avec quelques escaliers puis ça remonte avant d'aller écraser ce tapis que j'ai attendu pendant plus de 7h. Et la je peux vous dire que je suis au bout du bout du rouleau. C'est une sacré délivrance !
Je vais d'ailleurs m'allonger 5 minutes directement après avoir passé la ligne tellement je suis cuite. Le coup de chaud aura eu raison de moi. Mais je suis tellement contente de passer à nouveau cette ligne d'arrivée, cette mythique ligne d'arrivée des Templiers que je retrouve deux ans après. Je termine la Rock Shot et ses 34km et 1400mD+ en 215/226 position, 52/57 femmes et 22/24 seniors.

La pls d'après course 

Morale de l'histoire : la SaintéLyon est dans 1 mois et je manque encore un peu d'entraînement histoire d'arriver dans de bonnes conditions. Il va falloir borner un peu plus si je veux pouvoir terminer sans trop de difficultés. Néanmoins, je suis vraiment contente de cette longue matinée que j'ai passé à crapahuter dans les Causses ! Une bonne fin de semaine Aveyronnaise qui s'est déroulée en bonne compagnie !

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